FRANCE

Aude : les châteaux cathares

Éparpillés dans plusieurs départements de l’Occitanie, les châteaux cathares sont nombreux et résultent de l’histoire languedocienne, qu’ils aient participé ou non à la croisade albigeoise. Les châteaux, tels qu’on les visite aujourd’hui, sont très différents de l’époque. Pour la plupart, vous n’y verrez que des ruines, mais avec un peu d’imagination vous pourrez vous projeter dans chaque pièce.

On les appelle châteaux cathares, plutôt grâce à la marque touristique « Pays cathare » déposée et développée par le Département de l’Aude que par leur histoire. Il n’existe pas de château cathare à proprement parler. Cela n’en enlève rien au charme de ces sites haut-perchés ! Queribus, Peyrepertuse, Puilaurens, Termes, Aguilar : ces sites constituent les cinq fils de Carcassonne. Ces châteaux gardaient la frontière avec la couronne d’Aragon au XIIIᵉ siècle. Les forteresses résistèrent aux différents assauts menés par l’armée aragonaise.

Je n’ai bien entendu pas pu tous les visiter, alors cet article se consacrera à Carcassonne, Quéribus et Peyrepertuse qui sont parmis les plus réputés.

A la découverte des châteaux cathares...

1. Château et remparts de la Cité de Carcassonne

Accessibilité

Carcassonne est situé dans le département de l’Aude, dans le Sud-Ouest de la France. Célèbre grâce à sa cité médiévale, c’est une très belle halte touristique à prévoir sur votre parcours ! Pour vous y rendre, plusieurs choix s’offrent à vous :

  • Avion : C’est un petit aéroport mais il a le mérite d’être là ! Malheureusement, aucune liaison nationale n’est proposée… Alors cette mention d’aéroport est surtout pour nos amis belges ! Il existe une ligne directe Bruxelles-Carcassonne opérée par Ryanair. Pour vous rendre ensuite à la cité ou dans le centre-ville, il vous suffira de prendre la navette pour un tarif de 6€. Toutes les informations ICI.
  • Train : Plus simple, la gare. Vous ne trouverez pas beaucoup de TGV qui s’arrêtent, mais cela peut arriver principalement de Lyon ou Toulouse. Malgré tout, il existe de nombreuses dessertes par des TER et des intercités ce qui facilitera votre trajet ! Une fois sur place, les taxis ou les bus vous attendront pour vous permettre la mobilité (le site du réseau de transport ICI).
  • Cars de tourisme : Pour faire quelques économies, n’hésitez pas à regarder sur les site d’autocars. Eurolines dessert Carcassonne depuis quelques villes comme Agen et Aix-en-Provence et Ouibus dessert Paris, Lyon et Rennes entre autres. Cela peut être une bonne solution pour un trajet à bas coût, si vous avez la patience. Rouler de nuit peut aussi vous faire économiser une nuit d’hôtel et du temps !
  • Voiture : bien sûr, la voiture est le moyen le plus simple. L’A61 passe aux abords de l’entrée de la ville, et vous aurez quelques départementales dont la D118 qui monte vers Albi.
Où loger ?

Vous n’aurez pas de mal à trouver où dormir à Carcassonne. Que ce soit à proximité de la cité médiévale ou dans le centre-ville, il existe un tas d’hôtel ! De mon côté, je peux vous en recommander deux, testés et approuvés. 

– Brit Hôtel Bosquet Carcassonne 3* : Très bien situé, vous pourrez vous rendre à la cité médiévale en une dizaine de minutes à pieds. L’hôtel possède 27 chambres, rénové il y a peu. L’isolation sonore est à revoir, mais le rapport qualité/prix est là. D’ailleurs le petit-déjeuner est excellent… 

– Ibis Styles : Assez fan de cette marque que possède le groupe Accor, j’admets en avoir testé plus d’un. Les chambres sont décorées sur le thème des chevaliers ce qui pourra plaire aux (grands) enfants. Rien à dire, mon séjour s’est très bien passé. De plus, la cité est vraiment à proximité, par une route directe derrière l’hôtel. 

Vous pouvez également trouver des appartements à louer, via Booking.com ou Airbnb si vous préférez la location directement auprès d’un particulier. 

Où manger ?

Comme pour le logement, ce sera chose facile de trouver un endroit où manger à Carcassonne ! La cité regorge elle-même d’une multitude de restaurants, à de bons rapports qualité/prix. Quasiment tous proposent d’ailleurs un bon cassoulet traditionnel. La plupart des endroits proposent des menus allant de 16 à 30€ environ pour manger local. Vous pouvez bien évidemment trouver au-delà si vous souhaitez un restaurant gastronomique. De manière générale, nous avions peur de tomber sur de l’attrape-touriste de base mais il faut avouer que les restaurants sont globalement tous bien notés sur Trip Advisor et Google. On trouve facilement des notes au-dessus de 4 ! Etant donné que nous y sommes allés en plein été, je dois admettre que le cassoulet ne nous faisait pas rêver (mais je compte bien y retourner par un temps froid pour goûter!). Nous avons donc opté pour un bar à tapas, alors voici ma recommandation !

Le cachotier.

Si vous cherchez un bar à bières ou à vins, qui propose une carte de tapas à base de produits frais, c’est ici que ça se passe ! L’accueil est très chaleureux, vous pourrez vous asseoir sur la terrasse au centre de la place ou sur les quelques tables du jardin ombragé à l’arrière. Nous avons testé le foie gras maison, qui était très bon ainsi que la planche de charcuteries avec d’excellents produits. Les prix ne sont pas excessifs pour la qualité des tapas. Si vous hésitez pour accompagner votre repas, le personnel saura vous conseiller que ce soit en bière ou en vin ! Ils possèdent un large choix de boisson. 

En dehors de la carte de tapas, vous aurez aussi du choix ! Burgers, cassoulet, salades, et j’en passe… tout donne envie ! Alors si vous n’êtes pas d’accord, qu’il y en a un qui a envie de manger des tapas et l’autre un cassoulet, cet endroit est fait pour vous !

En bref, je vous recommande Le cachotier à 100% ! Si vous êtes de passage, n’hésitez pas à vous y arrêter même pour un apéritif.

Que voir ?

Grâce à son histoire riche et sa légende de Dame Carcas (disponible ICI), la Cité de Carcassonne est un lieu magnifique qui vous fera remonter le temps. Parcourez les ruelles étroites, remplies de boutiques proposant d’acheter des costumes de chevalier et des boucliers. N’hésitez-pas à vous perdre, ce n’est pas si grand, mais les ruelles les moins bondées sont les plus jolies…

La Cité médiévale possède 52 tours réparties sur une double enceinte mesurant 3 km de long. La muraille intérieure comprend des parties de remparts gallo-romains (III-IVème siècle). Durant le XIIIe siècle, les rois de France ordonnèrent la construction d’une seconde enceinte extérieure autour de la Cité, complétée par un fossé sec. Il vous sera possible de visiter le château Comtal ainsi que de faire le tour via les remparts (9,50€, pour une bonne heure de visite). 

En vous promenant, vous tomberez certainement sur le grand puits, alors n’hésitez pas à regarder dedans avec une lampe ! Une légende rapporte que les Wisigoths, effrayés par l’arrivée d’Atilla, y auraient caché le trésor du Temple de Salomon. Il a été maintes fois fouillé, toujours en vain. 

Egalement, vous arriverez sans doute devant la basilique Saint Nazaire. Très ancienne, avec une architecture particulière, elle était considérée comme cathédrale fut un temps et a été rétrogradée en église en 1801. Moins d’un siècle plus tard, elle a été rebaptisée en basilique par le pape Léon XIII. 

Vous pouvez vous arrêter pour visiter le musée de l’inquisition, qui vous rappellera une partie de l’histoire de France et des châteaux Cathares avant de s’intéresser aux instruments de torture dans la salle des châtiments liés à l’inquisition justement (visite 10,50€).

Plus pour les enfants et les adolescents, vous trouverez au cœur de la Cité Médiévale la Maison de l’horreur. Âmes sensibles et personnes cardiaques s’abstenir ! Le parcours vous fera vivre de grands frissons, tel un train fantôme mais à pieds, avec de vrais comédiens. Il existe une version adultes, pour ceux qui ont envie de se faire peur… Pour le tarif, comptez 8€ (saison 2020). 

Nous avons fait le tour de la Cité ! Encore une fois, le principal reste ce que vous découvrirez gratuitement en dans les ruelles. Car oui, l’accès est totalement gratuit. Alors profitez de l’endroit et laissez-vous guider par les chevaliers.

Et en dehors de la Cité ?

Bien-sûr, Carcassonne reste une ville à part entière en dehors de sa belle cité médiévale. Même si on y accorde souvent peu de temps, il est possible de trouver de quoi s’occuper si vous restez plus longtemps !

Retrouvez par exemple, le Pont Vieux, il vous donnera d’ailleurs un magnifique point de vue sur la cité. En continuant votre chemin, vous tomberez sur la Bastide Saint-Louis, datant de 1260. Ayant conservée sa richesse architecturale, vous pourrez visiter ses nombreux hôtels particuliers et sa maison des mémoires. 

Le canal du Midi, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO traverse Carcassonne. Vous pouvez vous y promener, à pieds ou à vélo, mais aussi en bateau. Vous pouvez en louer un pour aller à votre rythme et vous offrir un petit moment paisible, ou opter pour la croisière commentée de 2h qui vous permettra de passer quelques écluses. Les départs se font sur le quai en face de la gare SNCF, comptez 8,50€ pour la balade.

Vous pouvez trouver beaucoup d’excursions à faire dans les alentours, en vous éloignant légèrement. Par exemple, la maison de la Truffe pour les amoureux de gastronomie, des grottes souterraines comme celles de Limousis et de Cabrespine, des petits villages typiques et charmant comme Montolieu… En bref, l’Aude regorge de trésors ! Ses châteaux cathares en font partie, alors poursuivons la découverte avec Queribus et Peyrepertuse… 

2. Château de Queribus

Accessibilité

Le plus simple, et conseillé, sera la voiture pour vous rendre au château de Quéribus. Il est d’ailleurs situé au nord-est de Perpignan, à la limite qui sépare l’Aude des Pyrénées-Orientales, comptez environ 45 minutes de route. Les derniers kilomètres sont de véritables lacets, alors si vous êtes malades en voiture votre amie du jour sera la Cocculine ! Une fois en haut, un parking gratuit vous attendra pour stationner. La vue est déjà magnifique d’ici d’ailleurs… La photo ci-dessus a été prise depuis le parking. Comme vous le voyez, j’étais en contre-bas. Il vous restera un petit quart d’heure de marche, en montée bien sûr. Honnêtement, c’est accessible même aux plus jeunes, par contre inaccessible aux personnes à mobilité réduite. 

Si vous êtes de bons randonneurs, vous pouvez partir depuis le village de Cucugnan. Vous marcherez à travers les vignes et gravirez la montagne jusqu’au sommet et son château. C’est au minimum 2h30 de randonnée, et vu le dénivelé c’est un bon challenge ! L’avantage, c’est que si vous n’avez pas de voiture pour vous rendre sur le parking du château, il y a un bus depuis Perpignan qui vous amènera à Cucugnan (ligne 500). Donc sans voiture, vous serez obligés de grimper à pieds, à ma connaissance il n’existe pas de navette. 

D’un point de vue tarif, l’entrée au château vous coûtera 7,50€ par adulte. Si vous souhaitez ajouter les audioguides, comptez 4€ supplémentaires pour deux audioguides. 

Histoire

Le château de Quéribus daterait du Xème siècle et aurait servi pour la défense du Pays Cathare. Lors de la Croisade contre les Albigeois, il abrite des religieux cathares : Benoît de Termes, Diacre du Razes, s’y réfugie et y meurt en 1241. Quéribus est le dernier bastion à tomber aux mains des Croisés Français en 1255.

Le château entre dans le royaume de France, sous le règne de Saint Louis. En 1258, le Traité de Corbeil fixe la frontière entre la France et l’Aragon au sud des Corbières, à portée de vue de Quéribus. Ce dernier devient une pièce maîtresse du dispositif défensif français dont le centre de commandement est Carcassonne.

Reconstruit par les rois de France à la fin du XIII et XIVème siècle, il perd son intérêt stratégique en 1659. Le Traité des Pyrénées fixe alors définitivement une nouvelle frontière entre la France et l’Espagne. Quéribus est classé monument historique depuis 1907. Des restaurations sont menées depuis plus de 10 ans : sauvegarde, consolidation et mise en valeur des éléments architecturaux.

La visite

Perché à 728 mètres d’altitude, vous aurez d’ores et déjà une magnifique vue panoramique sur les Pyrénées et la Méditerranée (si le temps est dégagé). Quéribus surveille Corbières, Fenouillèdes et plaine du Roussillon. 

Le château est constitué de trois enceintes étagées au sommet et le long de la falaise. Malgré qu’il soit en ruines, il a conservé quelques salles ainsi que le donjon auquel vous pourrez grimper en passant par sa majestueuse salle gothique.  Des éléments de la vie quotidienne sont à observer : citerne, corps de logis, emplacement de cheminée, salle de stockage. Plusieurs systèmes de défenses des portes sont présents : assommoirs, bretèches. Des chemins de ronde et des casemates (bunkers en anglais) assurent la surveillance des points vulnérables. Quinze à vingt hommes suffisaient pour défendre la forteresse. 

Le plus beau étant de se perdre à travers les ruines, et de vous laisser porter par l’histoire racontée par l’audioguide. Vous vous imaginerez tout ce qui a pu se passer ici et apprendrez sur l’histoire du Pays Cathare. La visite est plus courte qu’à Peyrepertuse, comptez une heure maximum, mais le point de vue est incroyable et la visite vaut le coup d’œil.

3. Château de Peyrepertuse

Accessibilité

A une dizaine de kilomètres du château de Quéribus, le château de Peyrepertuse semble avoir poussé de la falaise de manière homogène. De la même manière que pour son voisin, les routes sont sinueuses mais personnellement, je les ai trouvées moins stressantes ! Un parking gratuit vous attendra également pour stationner, puis, il vous faudra marcher environ un quart d’heure pour grimper au château. Ce sentier, contrairement à Quéribus, est assez ombragé, même si une fois en haut vous ne pourrez plus éviter le soleil. Non accessible aux personnes à mobilité réduite, il reste assez simple pour tous en s’accordant des pauses et en prenant une bouteille d’eau et de bonnes baskets. 

Les randonneurs seront aussi servis, car il existe le sentier Cathare/GR367 avec un passage à Duilhac sous Peyrepertuse. D’ici, vous pourrez monter jusqu’au château, et je vous souhaite d’avance bon courage. Vous trouverez ICI toutes les informations nécessaires !

Concernant le tarif, l’accès au château est de 8€ par adulte. Il faudra prévoir au minimum une heure de visite. Les audioguides marchent par deux ici aussi, 4€ de supplément.

Histoire

Le château de Peyrepertuse devient français en 1240 et fait partie des cinq fils de Carcassonne, avec les châteaux de Quéribus, Puilaurens, Termes et Aguilar. Avec le traité de Corbeil (mentionné également pour Quéribus), Peyrepertuse devient l’une des forteresses royales françaises avancées sur la frontière du royaume d’Aragon. En 1242, Saint Louis décide de le renforcer et de lui ajouter une deuxième partie, le donjon Sant Jòrdi, situé plus en hauteur sur la crête. L’escalier qui mène a la partie en hauteur porte d’ailleurs son nom.

Malgré cela, étant en état de semi-abandon et le roi refusant de le faire réparer, il perd de son intérêt stratégique à cause du traité des Pyrénées en 1659. En effet la frontière avec l’Espagne s’est déplacée au sud vers la ligne pyrénéenne, le château n’est donc plus en mesure de la protéger. Vendues comme bien national en 1820, ses ruines subsistent jusqu’à aujourd’hui. La première campagne de consolidation du monument commence en 1950.

La visite

Sur une crête calcaire à plus de 800 mètres d’altitude, le château de Peyrepertuse a une position stratégique qui permet à la fois de voir loin dans les différentes vallées qui l’entourent, de contrôler les cols ou de communiquer des signaux au château de Quéribus. Ce sont d’ailleurs les deux seuls châteaux cathares (Peyrepertuse et Quéribus) qui peuvent se voir entre eux. 

Le château mesure 300 mètres de long et 60 mètres de large dans sa plus grande largeur. Les enceintes sont encore très bien conservées, il sera facile de vous projeter dans ce château appelé La citadelle du Vertige. Il y en a 3, une basse, une moyenne et une haute.

Vous arriverez par la partie basse qui a conservé de nombreuses structures (le chemin de ronde par exemple, qui montre encore ses dalles sur lesquelles reposent sur des corbeaux) ou un ancien logement. Vous pourrez voir les vestiges de l’église Sainte-Marie de Peyrepertuse avant de passer dans l’enceinte moyenne. La vue est incroyable ! Par l’escalier Saint-Louis, vous grimperez à la partie construite plus tard. Vous aurez l’impression que cet escalier n’en finit pas, mais cela en vaut le détour. Vous observerez facilement d’ancien logis, mais surtout le donjon San Jordi ainsi que la chapelle qui porte le même nom. Cette partie étant la plus haute du château, vous aurez une magnifique vue sur les Pyrénées, la Méditerranée si le temps le permet mais aussi sur la partie basse du château. 

Le château de Peyrepertuse est considéré comme le plus beau et le plus spectaculaire des châteaux cathares. Si vous ne devez en voir qu’un, je vous conseille fortement celui-ci. En parlant de spectacle, durant le mois d’août vous pourrez assister à un spectacle de Fauconnerie mais aussi ils organisent un grand festival médiéval ! Je vous laisse consulter les dates et horaires sur leur site ICI.

J’espère vous avoir donné envie de partir à la découverte de ces fabuleux sites ! Vous pouvez agrémenter votre petit tour des châteaux par un des autres qui peut se visiter comme celui de Lordat ou celui de Puilaurens qui ont l’air tout aussi beau. De mon côté, je me suis promis d’y retourner pour compléter ma découverte ! J’en profiterai pour les ajouter à l’article dès que je les aurai vus.

Prochaine étape dans les environs, le canyoning aux gorges de Galamus ! Suite à un petit sondage sur mon compte instagram, j’ai pu voir que la majorité des personnes ayant répondu n’en avait jamais fait. Ce sera l’occasion de vous parler de ma première expérience qui m’a donné goût à cette activité ! Alors à très vite !

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